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 | La pose des fers |
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L'or sous le sabot ?
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Je me souviens des traits d'Hervé Roussel, le forgeron que nous appelions Ar marichal. Combien d'heures suis-je resté bouche bée devant sa forge, ar hoël\ Le verbe haut, un peu râleur, il représentait à mes yeux le type de l'homme fort lorsqu'il pétrissait à coups de marteau une barre de fer rouge sur l'enclume en faisant cracher une gerbe d'étincelles...Par la porte ou la fenêtre toujours ouvertes, nous pouvions voir le soufflet de forge actionné sans trêve par Yvon Louboutin, l'apprenti du moment. Une grande partie de l'outillage servant aux hommes des champs était façonnéechez lui mais sa fonction ne se bornait pas à cela. Il était aussi le maréchal-ferrant. Tous les fermiers des environs lui amenaient leurs chevaux. À l'aller comme au retour de l'école, nous assistions souvent à l'opération parfois mouvementée lorsqu'il s'agissait d'une bête rétive. L'odeur de la corne qui grésillait au contact du fer rougi ne me déplaisait pas. J'aimais aussi le spectacle du cerclage des roues de charrettes. Le cercle de fer, chauffé à blanc dans de la tourbe en fusion, était retiré avec des tenailles spéciales et ajusté sur la roue en bois posée à plat par terre. On y jetait de l'eau mais ça flambait quand même par moments. Ces différentes opérations étaient invariablement suivies d'une tournée, deomp da gemmer eur banne, dans la maison voisine, où le forgeron tenait aussi un bistrot. C'est pendant ces absences du père que nous pouvions, grâce à Hervé, le fils, notre camarade, fourrer notre nez dans l'antre où régnait une grande pagaille, tâter les enclumes, soupeser les masses et marteaux ou tirer sur la chaîne du soufflet de forge.
Ti ar marichal ou Ti ar hoël est toujours debout, mais il y a belle lurette que le bourg ne résonne plus des coups sur l'enclume... Extrait de souvenir d'enfance
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